Une nouvelle conception de la nation
De la chute de l’Ancien Régime à la défaite de Napoléon à Waterloo, la période 1789-1815 transforme profondément la France et l’Europe. Ce cours de Première retrace les grandes étapes de la Révolution française, de la monarchie constitutionnelle à la République, puis du Consulat à l’Empire. Retrouvez les dates, notions, personnages et événements essentiels pour comprendre cette période et préparer efficacement vos révisions d’histoire.
La synthèse audio par Ondes lycéennes
La rupture avec l'Ancien Régime
et la recherche d'une monarchie constitutionnelle
Au printemps 1789, la France traverse une crise financière et sociale sans précédent. Pour y faire face, le roi Louis XVI convoque les États généraux le 5 mai. Très vite, la réunion échappe au contrôle de la Couronne. Les députés du Tiers-État, constatant le blocage des réformes, décident de se déclarer Assemblée nationale le 17 juin, affirmant ainsi que la souveraineté réside désormais dans la nation et non plus dans la personne du Roi. Trois jours plus tard, lors du Serment du Jeu de Paume, ils jurent de ne pas se séparer avant de doter la France d'une Constitution.
La dynamique politique s'accélère sous la pression du peuple. À Paris, la peur d'une réaction armée du monarchisme conduit les Parisiens à s'emparer de la prison de la Bastille le 14 juillet 1789, marquant le premier grand acte d'intervention populaire. Durant l'été, une vague de panique secoue les campagnes : c'est la « Grande Peur ». Pour ramener le calme, l'Assemblée vote coup sur coup deux textes fondateurs :
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L'abolition des privilèges et de la féodalité durant la nuit du 4 août ;
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La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen le 26 août, qui pose les principes fondamentaux de liberté, d'égalité juridique et de souveraineté nationale.
L'Assemblée s'attelle ensuite à la réorganisation du pays. La France est découpée en 83 départements pour unifier l'administration, les poids et mesures sont rationalisés, et la Constitution civile du clergé (1790) transforme les prêtres en fonctionnaires payés par l'État, ce qui crée une fracture profonde entre le régime et l'Église catholique.
Cette expérience de monarchie constitutionnelle, entérinée par la Constitution de 1791, s'avère toutefois éphémère. Le roi Louis XVI n'accepte pas la limitation de ses pouvoirs. Sa tentative de fuite, arrêtée à Varennes en juin 1791, brise la confiance de la population. En avril 1792, alors que la France déclare la guerre à l'Autriche et à la Prusse, la méfiance envers la famille royale culmine. Le 10 août 1792, les Sans-culottes et les fédérés prennent d'assaut le palais des Tuileries. La monarchie est suspendue : c'est la fin de l'Ancien Régime politique.
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1792-1799 : La République
entre combats démocratiques et violences
Au lendemain de la victoire militaire de Valmy, la Première République est proclamée le 21 septembre 1792. La nouvelle assemblée, la Convention, se retrouve immédiatement divisée entre deux factions majeures : les Girondins, modérés et méfiants à l'égard de la rue parisienne, et les Montagnards, plus radicaux et proches des Sans-culottes. Le procès de Louis XVI accentue ces divisions, mais le Roi est finalement condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793.
Cette exécution provoque une coalition générale des monarchies européennes contre la France, tandis qu'à l'intérieur du pays éclate la révolte vendéenne et des insurrections fédéralistes. Face au danger de disparition de la République, les Montagnards écartent les Girondins et mettent en place la Terreur. Sous la direction du Comité de salut public, mené par Robespierre, le pouvoir se centralise fortement :
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La loi des suspects permet des arrestations massives et expéditives ;
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La levée en masse est décrétée pour mobiliser la jeunesse au combat ;
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Le prix des denrées de première nécessité est bloqué pour apaiser le peuple.
Si cette politique d'exception réussit à sauver la République des invasions et des insurrections, elle se réalise au prix de violences considérables et de la suspension des libertés individuelles. Devenus incontrôlables et isolés, Robespierre et ses partisans sont renversés puis exécutés le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Les républicains modérés reprennent alors le pouvoir et fondent le Directoire en 1795. Soucieux d'éviter à la fois le retour de la monarchie et le radicalisme populaire, ils rétablissent le suffrage censitaire, réservant le droit de vote aux plus aisés. Cependant, le régime souffre d'une grande instabilité politique, harcelé sur sa gauche par les jacobins et sur sa droite par les royalistes. Pour se maintenir, le Directoire s'appuie de plus en plus sur l'armée et ses généraux victorieux.
1799-1815 : Du Consulat à l'Empire
stabiliser et diffuser l'héritage révolutionnaire
Profitant de la faiblesse du Directoire, le général Napoléon Bonaparte prend le pouvoir lors du coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) et installe le régime du Consulat. Bonaparte entend « fermer la Révolution » en conservant ses principes fondamentaux tout en rétablissant l'ordre et l'autorité de l'État.
Pour pérenniser cette stabilisation, il crée :
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Le Code civil (1804), qui unifie le droit français et consacre l'égalité civile ainsi que la propriété privée ;
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La signature du Concordat de 1801 avec le Pape, qui ramène la paix religieuse ;
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La création des préfectures, de la Banque de France, du franc germinal et du baccalauréat.
Le 2 décembre 1804, Bonaparte renforce encore son autorité en se faisant sacré Empereur sous le nom de Napoléon Ier. Le régime devient rapidement un empire personnel et autoritaire où la presse est censurée et l'opposition réprimée.
Sur le plan extérieur, Napoléon mène une politique d'expansion spectaculaire à travers l'Europe. Au fil de ses grandes victoires militaires, comme celle d'Austerlitz en 1805, il réorganise le continent. Dans les territoires conquis ou sous influence française, le Code civil est appliqué et les droits féodaux sont abolis. Néanmoins, l'occupation française, les réquisitions et la présence des troupes impériales finissent par provoquer un rejet brutal : un sentiment nationaliste anti-français émerge en Allemagne ou encore en Espagne lors de la révolte du Dos de Mayo en 1808.
Affaibli par la désastreuse campagne de Russie en 1812, l'Empire napoléonien ne résiste pas à la coalition des puissances européennes. Napoléon abdique une première fois en 1814. Malgré un bref retour au pouvoir durant les Cent-Jours, sa défaite définitive à Waterloo le 18 juin 1815 marque la fin de l'aventure impériale et le début de la Restauration monarchique en Europe.
Les dates essentielles
de la Révolution française et de l'Empire
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux |
| 17 juin 1789 | Proclamation de l'Assemblée nationale |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille |
| 4 août 1789 | Abolition des privilèges |
| 26 août 1789 | Déclaration des droits de l'homme et du citoyen |
| 21 septembre 1792 | Proclamation de la République |
| 21 janvier 1793 | Exécution de Louis XVI |
| 1793-1794 | La Terreur |
| 1795 | Début du Directoire |
| 9 novembre 1799 | Coup d'État du 18 Brumaire |
| 1804 | Code civil et proclamation de l'Empire |
| 1812 | Campagne de Russie |
| 1815 | Waterloo et fin de l'Empire |
• La Révolution française commence en 1789 avec la convocation des États généraux.
• La Prise de la Bastille (14 juillet 1789) est l'événement fondateur de la Révolution.
• La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789) pose les principes universels.
• La République est proclamée le 21 septembre 1792.
• La Terreur (1793-1794) est une période de répression violente sous Robespierre.
• Le Consulat (1799-1804) puis l'Empire (1804-1815) marquent l'ascension de Napoléon Bonaparte.
• La défaite de Waterloo (1815) met fin au règne de Napoléon.
Définitions à connaître
Pour comprendre la Révolution française et l'Empire, il faut maîtriser quelques définitions clés qui permettent de suivre les transformations politiques et sociales de la France entre 1789 et 1815.
- Souveraineté nationale : principe selon lequel le pouvoir politique appartient à la nation et non plus au roi. La nation devient ainsi la source de la légitimité du pouvoir.
- Nation : communauté de personnes qui se reconnaissent comme appartenant à un même ensemble politique, notamment par une histoire et un territoire communs. Pendant la Révolution, la nation devient un acteur politique majeur.
- Constitution : texte fondamental qui définit l'organisation des pouvoirs dans un État et fixe les règles auxquelles les institutions doivent se conformer.
- Monarchie constitutionnelle : régime dans lequel un roi demeure à la tête de l'État, mais ses pouvoirs sont limites par une Constitution. En France, la Constitution de 1791 instaure ce régime.
- République : régime politique dans lequel le pouvoir n'est pas transmis par hérédité à un monarque. La Première République française est proclamée le 21 septembre 1792.
- Citoyenneté : statut qui confère à une personne des droits et des devoirs politiques au sein d'un État. La Révolution française transforme profondément la conception de la citoyenneté en faisant du citoyen un acteur de la vie politique.
- Terreur : période de la Révolution française, principalement en 1793-1794, marquée par une politique de répression exceptionnelle menée par le gouvernement révolutionnaire contre les ennemis supposés de la République.
- Suffrage censitaire : système électoral dans lequel seuls les citoyens qui paient un certain montant d'impôt, appelé cens, peuvent participer aux élections.
- Coup d'État : prise du pouvoir par la force ou par des moyens qui ne respectent pas les procédures politiques normales. Le coup d'État du 18 Brumaire, le 9 novembre 1799, permet à Napoléon Bonaparte de prendre le pouvoir.
- Empire : régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par un empereur. En France, Napoléon Bonaparte devient empereur des Français en 1804 et établit un pouvoir fortement centralisé.
- Code civil : ensemble de lois promulgué en 1804 sous Napoléon Bonaparte. Il unifie le droit français et affirme notamment l'égalité des citoyens devant la loi et la protection de la propriété privée.
- Nationalisme : mouvement ou sentiment qui affirme l'importance de la nation et la volonté de défendre ses intérêts, son unité et son indépendance. Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes contribuent à diffuser et à renforcer les sentiments nationaux en Europe.