Le commerce international et l'internationalisation de la production

Publié le 27 mai 2026 à 17:00

La synthèse d'Ondes lycéennes

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Le commerce international désigne l’ensemble des échanges de biens et de services entre pays. Depuis la fin du XXe siècle, il connaît une forte croissance, mais aussi de profondes transformations liées à la mondialisation, aux évolutions technologiques et aux tensions géopolitiques. Aujourd’hui, les questions de souveraineté économique, de transition écologique ou encore de rivalité entre grandes puissances (États-Unis, Chine, Union européenne) redéfinissent les logiques d’échange : produire, où, comment et avec qui devient un enjeu stratégique.

La fragmentation des chaînes de valeur

La fragmentation des chaînes de valeurs, signifie le découpage des différentes étapes de la réalisation d'un produit (conception, approvisionnement, assemblage, marketing) entre plusieurs pays afin de tirer parti des avantages comparatifs de chacun d'eux. La fragmentation des chaînes de valeur explique une bonne part des échanges commerciaux. Les étapes de production sont désormais réparties entre plusieurs pays selon leurs avantages : conception, assemblage, marketing… Les firmes multinationales optimisent ainsi leurs coûts en localisant chaque étape là où elle est la plus efficace.
Exemple : Pour fabriquer un avion Airbus, le nez et le cockpit peuvent être faits en France tandis que d'autres pièces proviennent d'autres pays d'Europe ou du monde.

La spécialisation des pays et les fondements des échanges internationaux

Les pays participent au commerce international car ils se spécialisent dans les productions où ils sont les plus efficaces. Cette spécialisation repose sur la théorie des avantages comparatifs, formulée par David Ricardo au XIXe siècle. Selon cette théorie, chaque pays gagne à se spécialiser dans les biens qu’il produit relativement à moindre coût, puis à échanger avec les autres. Cela permet un gain mutuel à l’échange.

Au XXe siècle, les économistes Heckscher, Ohlin et Samuelson ont précisé cette analyse en expliquant les avantages comparatifs par les dotations factorielles et technologiques.

Les dotations factorielles correspondent aux ressources disponibles dans un pays : travail, capital, terre ou ressources naturelles. Un pays a intérêt à produire les biens qui utilisent intensivement les facteurs dont il dispose en abondance, car ils y sont moins coûteux.
Exemple : Le Bangladesh dispose d'une main-d'œuvre non qualifiée abondante et bon marché, il se spécialise donc dans le textile d'exécution.

Les dotations technologiques renvoient au niveau de capital humain et de capital technologique (recherche, innovation, brevets). Les pays les plus avancés technologiquement ont une productivité plus élevée, ce qui leur permet de produire à moindre coût ou avec une meilleure qualité, renforçant ainsi leur compétitivité.
Exemple : La Corée du Sud investit massivement en R&D (4,53 % de son PIB en 2019), ce qui lui donne un avantage technologique et explique pourquoi 32,4 % de ses exportations manufacturées sont de haute technologie, à l'inverse du Nigeria.

Ainsi, les différences entre pays expliquent la spécialisation et donc les échanges internationaux.

Le commerce international entre pays comparables 

La croissance extensive : L'accumulation des facteurs

Une part importante du commerce mondial se réalise entre pays aux niveaux de développement proches (ex : Europe et États-Unis). On parle de commerce entre pays comparables.

Ce commerce s’explique notamment par trois facteurs :

D’abord, la différenciation des produits. Les entreprises proposent des biens proches mais variés (voitures, vêtements, smartphones), afin de répondre à la diversité des goûts des consommateurs. Cela génère des échanges intra-branche, où les pays échangent des produits similaires.
Exemple :  la France exporte des Renault en Allemagne et importe des Volkswagen.

Ensuite, la qualité des produits joue un rôle central. Les pays développés échangent souvent des biens de gammes différentes (produits haut de gamme contre produits plus standards). La capacité à produire des biens de qualité dépend fortement des dotations technologiques.

Les entreprises peuvent adopter deux stratégies pour répondre à la demande de variété des consommateurs :

  • Différenciation horizontale : Produits de même gamme et de qualité similaire, mais qui diffèrent par la marque, le design, le goût ou la couleur.

  • Différenciation verticale : Produits qui diffèrent par leur qualité et leur prix (montée en gamme, ex: smartphones d'entrée de gamme vs haut de gamme).

Enfin, la fragmentation des chaînes de valeur explique aussi ces échanges. Les étapes de production sont désormais réparties entre plusieurs pays selon leurs avantages : conception, assemblage, marketing… Les firmes multinationales optimisent ainsi leurs coûts en localisant chaque étape là où elle est la plus efficace.
Exemple : Pour fabriquer un avion Airbus, le nez et le cockpit peuvent être faits en France tandis que d'autres pièces proviennent d'autres pays d'Europe ou du monde.

Productivité, compétitivité et internationalisation de la production

La productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays

  • Compétitivité d'un pays : Aptitude d'une nation à exporter, c'est-à-dire à vendre ses biens et services sur les marchés étrangers. Elle se décline en deux formes :

    • Compétitivité-prix : Capacité à vendre moins cher que ses concurrents. Elle dépend directement de la productivité des firmes (la hausse de la productivité du travail réduit les coûts unitaires de production) mais aussi de la baisse de la fiscalité et du coût du travail.

    • Compétitivité hors-prix (structurelle) : Capacité à vendre indépendamment du prix, grâce à la qualité, l'innovation, le design ou l'image de marque. Elle s'appuie sur des institutions stables, des infrastructures de qualité et une main-d'œuvre hautement qualifiée.

L'internationalisation de la chaîne de valeur 

Pour internationaliser leur production, les Firmes Multinationales (FMN) utilisent deux voies :

  • L'internalisation (via des IDE) : La firme crée une filiale à l'étranger ou achète une entreprise existante (ex: Samsung implantant des usines de production).

  • L'externalisation (via la sous-traitance internationale) : La firme confie la fabrication à un fournisseur indépendant étranger (ex: Apple confiant l'assemblage de ses iPhones à Foxconn).

  • La courbe du sourire (Smile Curve) : Elle montre que la valeur ajoutée se concentre aux deux extrémités de la chaîne : en amont (conception, R&D) et en aval (marketing, services, SAV), des étapes souvent localisées dans les pays développés. Les activités intermédiaires d'assemblage et de fabrication physique génèrent peu de valeur ajoutée et sont délocalisées dans les pays émergents ou en développement.

Les effets induits et les débats sur le commerce international 

Les effets positifs (Gains moyens)

  • Pour les consommateurs : Baisse des prix, accès à une offre de biens et de services plus abondante et variée, ce qui augmente le pouvoir d'achat et le surplus du consommateur, élevant ainsi le niveau de vie.

  • Pour les entreprises : Accès à de nouveaux débouchés (marchés mondiaux), réalisation d'économies d'échelle (baisse du coût fixe unitaire quand les quantités produites augmentent), et transferts de technologies favorisant l'innovation.

Des effets contrastés sur les inégalités (Analyse de P. Martin & E. Duflo)

  • Réduction des inégalités ENNTRÉ les pays : L'ouverture commerciale a permis aux pays émergents (comme la Chine) de connaître une forte croissance économique, ce qui a entraîné une baisse historique de la pauvreté mondiale (cf. intégration de la Chine à l'OMC en 2001).

  • Accroissement des inégalités de revenus AU SEIN de chaque pays :

    Dans les pays développés, le commerce international détruit les emplois industriels peu qualifiés (délocalisations), ce qui pénalise les travailleurs non qualifiés ("les perdants du libre-échange") tandis qu'il favorise les travailleurs très qualifiés.
    Dans les pays émergents (ex: la Chine), l'essor du commerce a fortement enrichi les régions côtières industrielles et urbaines par rapport aux régions rurales de l'intérieur, creusant les inégalités internes de revenus.

Le débat économique : Libre-échange contre Protectionnisme

Doctrine et stratégies commerciales
Doctrine / Stratégie Avantages / Arguments Risques / Limites
Libre-échange
(Suppression des barrières tarifaires et non tarifaires)
  • Baisse des prix pour les consommateurs.
  • Économies d'échelle et gains de productivité.
  • Stimulation de l'innovation par la concurrence.
  • Destruction d'emplois dans les secteurs moins compétitifs.
  • Augmentation des inégalités internes.
  • Risque de dépendance économique et perte de souveraineté.
Protectionnisme
(Mise en place de barrières : douanes, quotas, normes)
  • Protectionnisme éducateur (List) : protéger les industries naissantes le temps qu'elles soient compétitives.
  • Protection des industries vieillissantes pour amortir les destructions d'emplois.
  • Défense de la souveraineté nationale (sécurité, technologies stratégiques).
  • Hausse des prix pour le consommateur final.
  • Baisse de la compétitivité (faute de concurrence).
  • Risque de guerres commerciales et de mesures de rétorsion (ex : tensions USA / Chine ou USA / UE).

Quiz

Le commerce international et l’internationalisation de la production

Le commerce international et l’internationalisation de la production

1. Quel économiste a théorisé les avantages comparatifs pour expliquer la spécialisation des pays ?

2. Qu’est-ce que la différenciation horizontale des produits ?

3. Quel pays est connu pour sa spécialisation dans le textile grâce à une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse ?

4. Qu’est-ce qu’un Investissement Direct à l’Étranger (IDE) ?

5. Quel est un avantage du commerce international pour les consommateurs ?

6. Quel phénomène désigne la répartition des étapes de production d’un produit entre plusieurs pays ?

7. Quel est un effet négatif du commerce international dans les pays développés ?

8. Qu’est-ce que le libre-échange ?

9. Quel est un exemple de différenciation verticale ?

10. Quel est un risque du protectionnisme ?

Votre score : /10

Corrigé :

  1. Réponse b) : David Ricardo
  2. Réponse b) : Des produits de qualité proche mais différents par le design, la marque ou le style
  3. Réponse b) : Le Bangladesh
  4. Réponse b) : La création de filiales à l’étranger par une firme multinationale
  5. Réponse b) : Une plus grande variété de produits à des prix souvent moins chers
  6. Réponse b) : La fragmentation des chaînes de valeur
  7. Réponse b) : La destruction d’emplois peu qualifiés due aux délocalisations
  8. Réponse b) : La réduction des barrières commerciales pour favoriser les échanges
  9. Réponse b) : Un smartphone haut de gamme et un smartphone d’entrée de gamme
  10. Réponse b) : Des guerres commerciales et une augmentation des prix