Faire la guerre, faire la paix 

Au XIXe siècle, Carl von Clausewitz définissait la guerre comme  "la continuation de la politique par d’autres moyens". Cette grille de lecture reste valable pour les conflits interétatiques classiques, comme en Ukraine ou en mer de Chine.  
Cependant, le monopole des États est aujourd'hui bousculé. Des acteurs non étatiques — groupes terroristes transnationaux (Al-Qaïda, Daech), milices privées ou réseaux de hackers — s'invitent sur l'échiquier mondial. Ces guerres "irrégulières" ne cherchent plus une victoire militaire décisive, mais l'épuisement d'un adversaire par une menace diffuse. 
Face à cette violence, l'architecture de la paix s'est elle aussi transformée. En 1648, les traités de Westphalie fondaient l'ordre international sur la souveraineté des États. Après les guerres mondiales, l'ONU a introduit la "sécurité collective", privilégiant la diplomatie via des médiations, des sanctions ou le déploiement de casques bleus. Pourtant, du Sahel au Moyen-Orient, ce modèle est mis à rude épreuve. Bâtir une paix durable ne se résume plus à signer un traité ; c'est un processus long et fragile de stabilisation régionale.

La synthèse d'Ondes lycéennes

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Synthese Faire la guerre, faire la paix

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L'ordre mondial à l'épreuve des conflits

Depuis que les sociétés humaines existent, elles connaissent des affrontements armés. Mais la guerre n’a jamais pris une seule forme : elle peut opposer des États puissants sur des champs de bataille, comme au temps des guerres napoléoniennes, ou surgir de manière plus diffuse, à travers des groupes terroristes transnationaux comme Al Qaïda ou Daech. L’histoire montre que la guerre n’est pas seulement un déchaînement de violence : elle est profondément politique, comme l’avait formulé le théoricien prussien Clausewitz en la définissant comme « la continuation de la politique par d’autres moyens ».

Étudier la guerre aujourd’hui, c’est donc tenter de comprendre sa diversité : guerres « classiques » entre États, guerres civiles, conflits irréguliers, cyberattaques, terrorismes… Les acteurs ne sont plus seulement les armées régulières et les gouvernements : s’y ajoutent des groupes armés non étatiques, des organisations internationales, et parfois même des entreprises privées.

Mais à côté de la guerre se pose toujours la question de la paix. Faire la paix, ce n’est pas simplement mettre fin à une bataille : c’est inventer des mécanismes de stabilité et de coopération. Les traités de Westphalie, en 1648, ont ainsi posé les bases d’un ordre international fondé sur les États souverains. Plus récemment, l’Organisation des Nations Unies tente d’instaurer une sécurité collective, en multipliant médiations, sanctions, interventions militaires et missions humanitaires. La paix est donc un processus long, fragile, et toujours remis en question.

Aujourd’hui, le monde est traversé par une grande variété de conflits : guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, rivalités en mer de Chine, affrontements au Sahel… Chacun a ses causes, ses acteurs, ses logiques propres. Comprendre cette diversité, c’est aussi mieux saisir les difficultés – mais aussi les espoirs – de la construction de la paix.

Ce thème propose ainsi une double exploration : d’une part, celle des formes de guerre et de leur évolution ; d’autre part, celle des moyens d’y mettre fin et de bâtir la paix. Les élèves seront amenés à réfléchir à la fois à la permanence et à la transformation des conflits, mais aussi aux défis diplomatiques, politiques et humains que représente la recherche de la paix au XXIe siècle.

Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix

Le Moyen-Orient (incluant le Proche-Orient) s'étend de l’Égypte à l’Afghanistan, de la Turquie au Yémen. C'est une région marquée par des tensions ethniques, religieuses et géopolitiques, où la fragmentation des conflits illustre la fragilité de la paix. Carrefour entre Europe, Afrique et Asie, elle est d'autant plus stratégique qu'elle concentre près de la moitié des réserves mondiales d'hydrocarbures.

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Le défi de la construction de la paix

Depuis l’Antiquité, la paix est définie comme l’absence de guerre — un moment fragile, souvent arraché après des années de combats. Construire la paix ne consiste pas seulement à faire taire les armes : c’est un processus politique et diplomatique complexe, qui vise à prévenir la reprise des hostilités et à instaurer un ordre durable entre nations.

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Guerres contemporaines / guerres du XVIIIe siècle ?

Des batailles rangées du XVIIIᵉ siècle aux guerres asymétriques du XXIᵉ siècle, l’art de faire la guerre a changé d’échelle et de visage. Mais derrière les innovations technologiques et idéologiques, retrouve-t-on encore les mêmes logiques de puissance ? 

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Panorama des conflits armés contemporains

Au XXIᵉ siècle, les conflits prennent des formes multiples : guerres interétatiques, guerres civiles, conflits asymétriques, terrorisme, cyberattaques, affrontements hybrides mêlant armées régulières, milices, mercenaires et acteurs privés. La frontière entre guerre intérieure et guerre internationale devient souvent floue.

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La guerre est passée d’un affrontement entre États à un phénomène multiforme et plus diffus
 

  • XVIIIè -XIXè siècle
    Guerres rationnelles, interétatiques, armées régulières.
    Exemples : guerres napoléoniennes.
  • XXe siècle
    Guerres totales (mobilisation complète), puis idéologiques.
    Exemples : Les 2 Guerres mondiales, la Guerre froide avec la dissuasion nucléaire (équilibre par les armes)
  • Depuis 1991
    • Guerres asymétriques (terrorisme, guérillas) :
      Exemples : Afghanistan, Rwanda, Syrie..
    • Apparition des cyberguerres et guerres hybrides (conflits armés + désinformation…):
      Exemple : Ukraine.